Antigone

Mis à jour : 26 nov. 2019


Théâtre de la Ville - dans le cadre des Chantiers d'Europe - 15 mai 2018 - mis en scène par Lena Kitsopoulou

Synopsis copier-coller

Singulière métamorphose du choeur de la tragédie antique : avec Lena Kitsopoulou, c’est un quatuor de skieurs qui se met à deviser, comme dans un improbable talk-show télévisé, sur le mythe d’Antigone. Figure de proue de la scène contemporaine grecque, Lena Kitsopoulou n’en est pas à son premier coup d’éclat : on se souvient de sa décapante vision du Petit Chaperon rouge, présentée à Chantiers d’Europe en 2014. Loin de Sophocle, son Antigone — Lonely Planet prend des allures de comédie surréaliste et grotesque sur les petites tragédies, plus ou moins glorieuses, qui tiraillent une société où l’individu est sommé à tout instant de faire des choix.

Alors ?

Des skieurs, ravis d'honorer l'invitation du Théâtre de la Ville, sont censés donner une conférence sur Antigone. Mais a-t-on déjà demandé l'avis des skieurs sur ce mythe ? Pourtant, le ski, c'est Antigone. La pièce se résume ainsi. En tenue de combat, ils déblatèrent sur leur discipline qu'ils rattachent coûte que coûte à Antigone. On découvre avec euphorie l'humour grec qui ne tient qu'à un fil : entre le comique de répétition, le caractère glauque et le côté complètement décalé, la pièce aurait pu très vite dégringoler. Tout est génial et barré jusqu'à la fatidique vidéo, trop longue et dans un registre inutilement sanglant, où l'on a l'impression qu'on assiste à deux spectacles pour le prix d'un, avec deux prestations opposées (voire une troisième avec un travesti aux cheveux violets, final difficilement explicable). Mais la première partie gagne tellement à être vue/vécue que ce spectacle mérite amplement une programmation pérenne en France.


La petite phrase

Antigone aurait dû faire du ski.


Contre-indication

  • Vous voulez voir Antigone ;

  • Le ski est votre hobby.