B. Traven

Mis à jour : 1 déc. 2019


Théâtre Dijon Bourgogne - jusqu'au 31 janvier 2019 - texte et mis en scène par Frédéric Sonntag - avec Simon Bellouard, Julien Breda, Romain Darrieu, Amandine Dewasmes, Florent Guyot, Sabine Moindrot, Malou Rivoallan, Fleur Sulmont, Paul Levis et Gonzague Octaville - (c) gaelic

Synopsis copier-coller

Qui est B. Traven ? Nul ne connaît le visage de ce mystérieux personnage, romancier majeur du XXe siècle qui, de son vivant, sous de multiples identités, a toujours mis en doute la vérité. En 1977, sept ans après sa mort, une journaliste américaine part sur ses traces au Mexique, où l’auteur du Trésor de la Sierra Madre – adapté au cinéma par John Huston en 1948 – s’est exilé, comme alors tant d’autres européens. De 1914 à 2009, plusieurs intrigues s’entrelacent : celles de Glenda et de son complice Lester, celle d’un scénariste persécuté en pleine chasse aux Sorcières, d’un boxeur poète ou encore celle d’un squatteur parisien qui rêve d’aller au Chiapas, lutter avec les Indiens. Et l’on croise ici Rosa Luxembourg, là Dalton Trumbo, ailleurs Léon Trotski… D’un récit à l’autre, se dessine le profil d’un libertaire, défenseur des oubliés de l’Histoire, contestataire de l’idéologie au pouvoir. Sur scène, musique live et décor pop, fictions dramatiques et images documentaires insufflent le trouble entre vrai et faux, passé et présent.

Alors ?

L’auteur du « Vaisseau des morts » et du « Trésor de la Sierra Madre » est une figure mystérieuse. Traven. B. Traven. Nul ne sait qui il est. Son prénom est la deuxième lettre de l’alphabet, la suite est inconnue. Qu’importe puisqu’il a porté plusieurs pseudonymes, incognito. Impossible de suivre sa trace mais qu’importe - là aussi - car ce sont ses œuvres qui ont de l’importance, et non l’artiste, selon ses propres dires. Traven plane sur le spectacle bien qu’il en soit absent. Il est partout dans toutes les histoires dont les fils sont déroulés sans ménagement pendant 3 heures. Défilent l’entourage de l’écrivain, ceux qui enquêtent et ceux qui s’en inspirent. Les noms s’affichent en haut de la scène et donnent le tournis. On ne sait plus où nous en sommes. De qui est-il question ? Pourquoi ? En quelle année sommes-nous ? 1914 ? 2014 ? Dans quel pays ? C’est là tout le génie de la pièce : il faut se détacher de ces questions et apprécier le spectacle avec sa vitesse. Il faut accepter de ne pas avoir accès à la vérité. Le fil rouge, s’il en fallait un, est l’enquête d’une journaliste, accompagnée d’un cameraman un peu perché, tous les deux américains, hippies sur les bords, complètement excités par l’aventure. Le duo souhaite faire une biographie sur l’homme qui n’en voulait point. Le spectateur croisera la route de multiples personnages fictifs et/ou réels, outre le perroquet Zapata qui est peut-être une taupe. Les comédiens se transforment, endossent plusieurs rôles. Les décors tombent du ciel, changent à l'arrière, puis sur le côté. Les multiples facettes, la frénésie des comédiens et les zones d’incertitudes m’ont fait penser aux histoires aux mille tiroirs d’Alexis Michalik. L’enchaînement des événements est restitué sous différentes formes : monologue, poignée de main, citation, vidéo, chant, ... tout cela parfois en même temps. Le sur-titrage est nécessaire pour continuer de suivre les dialogues couverts par la musique. Les citations foisonnent au fond de la scène et quel délice : "plus ce que l'on boit s'éloigne du vrai thé ou du vrai café, plus on ressent le besoin de l'agrémenter de sucre et de lait pour stimuler son imagination". Si on ne fait pas le tour de la question de B. Traven, on fait le tour des arts. A contre courant de l'époque actuelle où chacun - bien qu'ayant si peu de choses à dire - expose sa vie en ligne) en ligne, ce spectacle comique, politique, philosophique, poétique, traite avec humour ceux qui œuvrent pour le collectif et où l’individualisme est rabroué.

La petite phrase

"Plus nous avons des informations sur lui, plus le mystère s’épaissit".

Contre-indication

  • Une histoire après l’autre, s’il vous plaît

  • Vous traquez tous les jours Elena Ferrante



Pour étaler la confiture

« Je vous demande de vous arrêter » est une injonction très abrupte d’Edouard Balladur à ses militants suite à l’annonce du résultat du premier tour de l’élection présidentielle, en 1995, avec notamment Chirac en tête contrairement aux sondages qui étaient très favorables pour Edouard Balladur.