Britannicus

Mis à jour : 1 déc. 2019


Comédie-Française - jusqu'au 01 janvier 2019 - de Jean Racine - Mis en scène par Stéphane Braunschweig

Synopsis copier-coller

Britannicus est un tissu d’intrigues entre professionnels de la politique. Leurs ambitions affichées sont étroitement mêlées à la sphère intime par les liens filiaux, par les haines ou les amours qu’ils se vouent. Racine choisit un épisode particulier de l’histoire romaine, ce moment où émerge un monstre, Néron, véritable héros d’une œuvre qui porte le nom de sa victime. C’est le récit d’une prise de pouvoir dont les ressorts sont contenus dans la personnalité du jeune empereur.

Alors ?

Une grande porte fermée, un décor impersonnel et aseptisé, il n'y a pas de doute, nous sommes dans l'antre d'un lieu de pouvoir contemporain qui n'a rien à envier aux salles de réunion de l'Administration. Disons-le tout de suite, c'est surdimensionné, désincarné, rigide et terriblement plat. La patte du metteur en scène, Stéphane Braunschweig, est très visible : du décor à la lenteur du changement de décor sur un fond sonore angoissant. L'angoisse, voilà le bon terme pour résumer le spectacle, mais certainement pas pour les mêmes raisons que la pièce voudrait qu'on l'emploie. Les blancs de Dominique Blanc (Agrippine) ont réveillé le souffleur à deux reprises. Si la comédienne s'est ressaisie à une vitesse qui mérite notre respect, le spectateur s'efforce à ne pas faire la liste des causes plausibles de la malheureuse défaillance et lutte contre ses pensées pour espérer entrer dans le spectacle. Il serait injuste de lui jeter entièrement la pierre car :

1. Humain est l'incident

2. Dense est le texte (en alexandrins méticuleusement respectés)

3. Une pièce de Racine ne laisse pas de place à l'improvisation.

Néron (Laurent Stocker) redonne du souffle par son jeu puissant et même comique, comme à son habitude, mais largement insuffisant pour nous sortir de l'ennui. D'autant plus qu'on peine à imaginer l'empereur idolâtrer une Junie (Georgia Scalliet) aussi lancinante, à étirer chaque mot, peut-être de crainte de commettre l'impair d'Agrippine. Pas très naturel, sans compter sur les gestes brusques et saccadés des comédiens. Ils semblent éteints, tristes à l'image de leurs costumes mornes. Mou, froid, sans émotion, sans passion et malgré la beauté du texte et la complexité des personnages, le pouvoir ne nous électrise pas et le courant ne passe pas.


Les petites phrases

"Hélas ! dans cette cour Combien tout ce qu'on dit est loin de ce qu'on pense ! Que la bouche et le cœur sont peu d'intelligence ! Avec combien de joie on y trahit sa foi !"


Contre-indication :

  • Vous avez des problèmes relationnels avec votre mère et vous ne vous sentez pas à la hauteur.

  • Vous avez un mauvais souvenir des portes de "Montres et Cie".