Célébration

Mis à jour : 1 déc. 2019


Théâtre de Belleville - jusqu'au 28 avril 2019 - de Harold Pinter - mis en scène par Jules Audry - avec Quentin Dassy, Francesca Diprima, Léa Fratta, Faustine Koziel, Orane Pelletier, Garion Raygade, Ulysse Reynaud, Marco Santos et Florence Vidal

Synopsis copier-coller

Dans un restaurant huppé d'une capitale européenne, deux couples fêtent un anniversaire de mariage et un troisième célèbre une promotion. L'ultime pièce de Pinter à la fois crue, drôle et terriblement actuelle, livre des personnages exposés comme en vitrine, piégés dans un funambulisme absurde entre le bien et le mal.

Alors ?

Bonsoir Messieurs-dames, avez-vous réservé ? Bien sûr, votre table est prête. Prenez place dans un restaurant quelque part en Europe, d'un certain standing. Face à vous, telle la Cène, trois couples vous font face. Deux d'entre eux dînent ensemble et fêtent un anniversaire de rencontre. Les femmes sont sœurs et travaillent dans des organisations humanitaires tandis que leurs compagnons sont des "conseillers en stratégie". Ces étiquettes sociales ne sont que des mascarades. Côté cour, le troisième couple se compose d'un banquier et d'une institutrice, ex-secrétaire dodue pelotée par la hiérarchie. Pour saupoudrer le tout d'une ambiance anxiogène, un serveur vagabonde, en tenue écossaise, avec sous le bras les cendres de son très regretté grand-père. Les responsables du restaurant se font discrets pour ne pas ennuyer leurs clients qui eux-mêmes, sont dérangés. L'angoisse est servie dès les amuses-gueules, celle qui prend aux tripes. Tous les comédiens s'enfarinent la gueule quand ils n'ont pas les yeux exorbités en fixant le public. Les mots sont servis sur un plateau d'argent car entre les lignes on comprend les non-dits et les sous-entendus. Une saveur en cache une autre. Chacun semble vouloir démontrer par A + B qu'il est heureux dans sa vie pas folichonne. Chacun est à fleur de peau, déséquilibré et/ou psychopathe. Les verres sont bus cul-sec, le mal-être n'est pas dit mais clairement visible. Ils sont sur un fil. Les comédiens, élèves de la troisième année de l'école des Enfants Terribles, sont très prometteurs. La pièce est originale et la névrose est entièrement restituée. Le jeu expressionniste, avec les yeux qui ne clignent presque pas et les grands sourires forcés, est un pur régal.


La petite phrase

"Je voulais être poète mais papa ne m'a pas encouragé, il pensait que j'étais con"


Contre-indication

Votre grand-père a fait une partie de poker avec Mussolini et Churchill