Céline, derniers entretiens

Mis à jour : 1 déc. 2019


Théâtre de Poche-Montparnasse - jusqu'au 12 juillet 2019 - vu au théâtre "Les déchargeurs" - Mis en scène par Géraud Bénech - Avec Stanislas de la Tousche

Synopsis copier-coller

Au bout du voyage, Céline - l’abominable homme des Lettres - se confie aux derniers journalistes qui se risquent jusqu’à son ermitage de Meudon, attirés par le pittoresque décati du personnage, son humour féroce et sa lucidité impitoyable sur l’homme en général et ses contemporains en particulier. Tout y passe : l’enfance au passage Choiseul, les années d’initiation, la vocation médicale, ses débuts fracassants en littérature, les grandeurs et misères du monde des Lettres, ses errements idéologiques et son délire de persécution, son rejet de la vie moderne et décadente... jusqu’aux prédictions comico-apocalyptiques de l’arrivée prochaine des chinois à Cognac !

Alors ?

Ceux qui ne connaissent pas les entretiens avec Céline découvriront avec exultation sa qualité de franc-tireur. Oui, qu’il devait être difficile de vivre avec un génie, celui qui, pourtant, ne cherchait pas la notoriété dans l’écriture des livres. Il explique ses origines, sa vocation médicale, le pourquoi de son prénom, son mépris pour la littérature – un travail « prétentieux, grotesque » - son envie d’exercer un métier de prolétaire à Clichy. On tend l’oreille, on acquiesce, on l’écoute tel un professeur qui peste contre… à peu près tout : les pédérastes – sauf Proust – les civilisations claironnant « une autre, une autre ! », l’art abstrait, les garagistes de médecin, la question raciale et le problème démographique, son regret de l’époque où existait la peste, la vérole et le choléra. Rien ne trouve grâce aux yeux de Céline, pas même le théâtre, là où l’on dit qu’une pièce est bonne parce qu’on s’est le moins ennuyé. Ce n'est pas le cas en l'espèce grâce au jeu puissant du comédien (Stanislas de la Tousche), assis pendant 1h20 dans un fauteuil, qui excelle dans une mise en scène incarnée. La prestance et la ressemblance avec l'écrivain est troublante, comme en attestent les vidéos projetées au fond de la scène. Cette pièce permet de faire revivre un temps celui qui aspirait à une vie sans excentricité et a laissé son nom à tout jamais.


Prérequis

Tout a perdu de son prestige. Sauf Céline.


Contre-indication

  • Vous avez le rêve des lendemains qui chantent ;

  • Vous vous sentez l’âme d’un littéraire à votre poste de rédacteur au sein de l’administration

  • Montherlant n'est pas insignifiant.