Change me


d’après Ovide, Isaac de Benserade et la vie de Brandon Teena - mise en scène de Camille Bernon et Simon Bourgade - avec Camille Bernon, Pauline Bolcatto, Pauline Briand, Baptiste Chabauty et Mathieu Metral - vu au Théâtre Paris-Villette, le 19 novembre 2019

Synopsis copier-coller

C’est l’histoire d’Axel, un garçon assigné fille à la naissance, qui cache son identité trans à son groupe d’amis et à sa petite copine. Au cours d’une soirée, son secret est révélé et le drame éclate. Monté à la manière d’un thriller, Camille Bernon et Simon Bourgade invoquent des figures du passé : Brandon Teena, jeune homme transgenre assassiné en 1993 et Iphis dans Les Métamorphoses d’Ovide. À la frontière entre la légende et le fait divers, ils forgent sans tabou ni complaisance un mythe d’aujourd’hui.

Alors ?

Pour sa réouverture après travaux, la grande salle du Théâtre Paris-Villette dévoile ses plus belles arcades. Et pour fêter cette rénovation, quoi de mieux à la programmation que la pièce de "Change me" ? Dans un tout autre registre, une fille, à la voix fluette, déboule dans la salle de bain. Elle entonne son rituel : se raser une barbe inexistante, se tondre les cheveux, se bander les seins et insérer du volume à l’entre-jambe. Elle devient il. Elle s'appelle Axel. Sa mère entre pour se maquiller. Le clivage est là. Elle le regarde et l'invective « il faut que tu te soignes ». La famille est issue d'un milieu modeste et les temps, pour Axel, sont à la fête, l'alcool et la découverte des premiers émois. Il est amoureux d'une fille, Léna, qui ignore que son petit-ami est homosexuelle. Le fait divers dramatique des années 90, dont Brandon Teena a été victime, est mêlé aux textes d'Ovide et d'Isaac de Benserade. C’est une croisée des chemins, un joli clin d’œil, bien que l'on puisse regretter quelques dialogues saugrenus sur fond de théorie du complot. D'autres pistes sont lancées sans que l'on saisisse le propos : tantôt le téléviseur offre un moment gênant de karaoké sur fond d'Adèle, tantôt il expose ce qui semble être une dénonciation de l'hypersexualisation de notre société avec des vidéos évocatrices. Quoi qu'il en soit, lorsque les Métamorphoses d'Ovide sont exposées ou la langue d'Iphis et Iante respectée, quelle grande joie !


La petite phrase

« Fais un vœu, mec »