Charlotte

Mis à jour : 1 déc. 2019


Manufacture des Abbesses - jusqu'au 29 juin 2019 - de David Foenkinos - mis en scène et joué par Laurène Boulitrop - (c) DR

Synopsis copier-coller

Charlotte. Un seul en scène. Une jeune artiste juive allemande. Elle connaît une enfance marquée par une tragédie familiale puis une histoire d’amour d’une intensité inouïe. Elle est ensuite exclue de la société allemande avec la montée du nazisme et se réfugie chez ses grands-parents dans le sud de la France. Alors que la seconde guerre mondiale vient d’éclater et que sa grand-mère s’est suicidée elle décide d’entreprendre un travail vraiment « fou » et « singulier ». Pour raconter sa vie, elle va composer plus de 800 gouaches qui mêlent images, textes, mélodies, citations littéraires et musicales. Quel chemin va-t-elle emprunter pour créer son œuvre ? Bien qu’infiltré par le morbide et le mélancolique, elle va transformer sa vie en source de création lumineuse et artistique. Pour raconter son histoire, le rythme de la prose de David Foenkinos, sauvage et organique, entre en résonance avec celui de la vie de Charlotte.

Alors ?

Charlotte est une adaptation du roman éponyme de David Foenkinos. L'histoire s'inspire de la vie de Charlotte Salomon, une artiste-peintre allemande morte en 1943 à Auschwitz. Elle avait 26 ans et était enceinte. Une voix enfantine - avec un accent saugrenu - conte cette histoire. Cette femme juive grandit pendant une période sombre de l'Histoire : admise à l'académie des Beaux arts de Berlin, elle ne pourra pas exister en tant qu'artiste. Elle rencontrera Alfred avec qui elle vivra une romance passionnée. La comédienne, Laurène Boulitrop, seule-en-scène et metteure en scène, incarne Charlotte. Point de tableau, la scène est dépouillée et n'a rien de l'atelier d'une peintre ; simplement une chaise d'écolière au centre et un voilage mis en mouvement par un souffle incessant. Cette impression d'un lieu scolaire ne me quittera plus. La diction appuyée et particulière de la comédienne, articulant parfois trop, laissant traîner quelques voyelles affecte la crédibilité du personnage. En outre, Charlotte déconcerte par ses yeux écarquillés qui fixent le fond de la salle, pieds bien enfoncés sur scène et gestes saccadés. Difficile de savoir si c'était l'effet escompté. Pour avoir le cœur net, la volonté d'incarner une Charlotte énamourée rend le jeu de la comédienne fébrile. Lorsqu'elle incarne les autres personnages, elle manifeste beaucoup plus d'assurance. Et - surtout - elle offre un autre jeu, de qualité, dans une autre pièce de théâtre qui est proposée comme un diptyque : Clouée au sol.

La petite phrase

"Alfred va revenir. Le retour est sa trajectoire préférée"