Clouée au sol

Mis à jour : 1 déc. 2019



Manufacture des Abbesses - jusqu'au 28 juin 2019 - de George Brant - mis en scène et joué par Laurène Boulitrop - (c) DR

Synopsis copier-coller

Une femme, pilote de chasse, aime la vitesse, se perdre dans l’immensité, le bleu du ciel. Une série d’évènements va cependant l’en éloigner et l’obliger à piloter un drone à distance depuis un écran dans une caravane dans le désert du Nevada. Intouchable, elle décide du sort de la vie des gens depuis sa caravane et retrouve sa famille le soir. L’invulnérabilité n’est qu’un mythe. Parviendra-t-elle à faire l’aller-retour mental entre ces deux univers, la guerre le jour et la famille la nuit ? Ce texte qui raconte cette nouvelle guerre dite propre, en la déshumanisant complètement, résonne comme un poème. Son rythme pulse avec ses accélérations et ses ralentissements.

Alors ?

"Clouée au sol" est une pièce qui s'inscrit dans un diptyque avec "Charlotte". J'ignore pourquoi ce rapprochement, si ce n'est que la comédienne et la metteure en scène sont les mêmes : Laurène Boulitrop. Certes les deux histoires évoquent des destins de femmes hors norme mais il n'y a pas d'autre lien. J'y allais un peu à reculons, pas vraiment convaincue de ce que j'avais vu la veille, c'est-à-dire la pièce "Charlotte". D'autant plus que la mise en scène est strictement la même, avec une chaise plus moderne. Ma crainte de ne pas aimer le spectacle redouble : allais-je revoir un spectacle un peu mièvre ? Oh que non car bien plus cru et percutant, il m'a littéralement scotchée au siège. J'ai retenu mon souffle face à cette femme, pilote de chasse, qui vit le cauchemar de tous ses confrères : celui d'être clouée au sol. Elle vaut un million de dollars, de par sa formation, et un beau jour, on lui colle les fesses sur une rocking chair force. Elle a rencontré Eric. L'amour lui a fait prendre du poids. Elle se retrouve avec leur fille, Samantha, dans les bras. Voilà, la raison de sa mutation. Elle était faite pour ceci, là-haut, mais doit se contenter d'ici-bas. Maman va à la guerre, piloter son drone depuis une base. Elle rentre tous les soirs à la maison et elle doit extérioriser sa journée. Tous les soirs, elle rentre de la guerre. Avant, elle buvait des bières avec ses gars et c'était bien mieux comme ça. Elle va sombrer dans la folie, ne distinguant plus la réalité de la fiction. Boum. C'est explosif.

La petite phrase

"On n'échappe pas à l’œil du ciel, les enfants"