Il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée

Mis à jour : 1 déc. 2019


Comédie-Française - jusqu'au 24 février 2019 - d'Alfred Musset - mis en scène par Laurent Delvert - avec Christian Gonon et Jennifer Decker - (c) Emile Zeizig

Synopsis copier-coller

Le Comte se rend chez la Marquise, un après-midi d’hiver. C’est son « jour » : l’après-midi où elle ouvre son salon, reçoit les amis… et importuns, venant lui présenter leurs hommages et sacrifier aux rituels mondains. Mais aujourd’hui, par un heureux hasard du mauvais temps ou par la mise en œuvre d’une manigance féminine, le Comte est l’unique visiteur à se présenter chez elle. Débute une joute verbale galante, non sans violence et humiliation, une conversation qui n’en est pas une, en tout cas lieu de tension et de confrontation des désirs. Après les va-et-vient des jeux de la séduction et les faux départs du Comte, la pièce s’achève sur les fiançailles des deux amants.

Alors ?

Une porte trône au fond de la petite scène du Studio-Théâtre. Un atelier d’artiste est mis en avant, empiétant sur les limites du plateau. Un homme (Christian Gonon), de dos, attend. Il semble réfléchir. À l’intérieur, une femme (Jennifer Decker), agenouillée, en jean et tee-shirt sculpte de la terre. Elle a une coupe garçonne et porte une fleur bleue dans les cheveux, contrastant avec son caractère rebelle. Rien ne permet de penser que la Marquise jouit de ce titre tant les détails nobiliaires ont été chassés de la pièce. La modernité de son salon et la vivacité de ses propos en font un personnage résolument contemporain et même – osons le mot – féministe. Ses oreilles pleines de balivernes, elles ne supportent plus les sucreries. La Marquise méprise les flatteries qu’elle considère comme des niaiseries. Point de cour. Point de déclaration. Le comte se rend chez elle, par un temps très instable. Il est le seul à avoir bravé la météo, contrairement aux autres convives, pourtant habitués à venir tous les jeudis. Il est donc seul avec elle, face-à-face. Il n’entend pas lui obéir au doigt et à l’œil et suivra son cœur. Ses mains portent son imperméable, qu’il jette par terre, récupère, remet, repose. Partir ou rester ? Il ouvre la porte, la referme aussitôt. Il résiste pour qu’elle cède. Elle se montre sérieuse et insolente, légère et espiègle, libre et sensible. En un acte, le duo se lance dans une joute verbale qui se conclura, les bras de l’un sur l’autre, en quatre temps.

La petite phrase

"Et moi aussi, je sais ce qu’on dit quand on aime, mais je l’oublie en vous parlant. Rien n’est nouveau sous le soleil ; mais je dis à mon tour : qu’est-ce que cela prouve ?"

Contre-indication

  • Quand vous avez dit adieu à votre prétendante, elle vous a demandé de bien refermé la porte… derrière vous

  • Au bal, votre cavalière a porté un bob rose