Inflammation du verbe vivre

Mis à jour : 1 déc. 2019


Théâtre de la Colline - jusqu'au 30 novembre 2018 - de, mis en scène et avec Wajdi Mouawad

Synopsis copier-coller

Avec Inflammation du verbe vivre, Wajdi Mouawad revient vers l’une des sources de son œuvre d’auteur et de metteur en scène, la Grèce antique, dont Sophocle est la figure essentielle. Après avoir présenté à La Colline l’oratorio poétique Les Larmes d’OEdipe, Wajdi Mouawad, en hommage à Robert Davreu, l’ami disparu, part en quête de Philoctète et des héros antiques. Le deuil et l’ébranlement sont ici matière à création, pour faire de situations impossibles un lieu de guérison. Au fil de son voyage, il rencontre les âmes abandonnées, entend les chiens qui hurlent, croise les dieux…pour finalement retrouver le goût de vivre et l’envie de poésie. Réapprendre à parler, à inventer les mots nouveaux pour faire rire et pleurer morts et vivants.

Alors ?

Le plateau, avant le début du spectacle, laisse penser à une fan zone : un écran blanc géant trône fièrement, des bâches sont disposées en dessous en prévision des jets de bière. Il ne sera rien de tout ça. Un homme, se présentant sous le nom de Wahid, fait une entrée simple. Il porte une doudoune sans manche, ce qui est totalement banal pour un parisien. Sauf que cet homme n'est nul autre que l'auteur de la pièce. Et le metteur en scène. Et le directeur du théâtre. Wajdi Mouawad expose sa situation : il s'est suicidé. Ambiance. Le décès de son ami et traducteur Robert Davreu lui a donné envie d'abandonner le projet d'adapter "Philoctète" de Sophocle. Wahid/Wajdi est en panne d'inspiration... Et cela se fait ressentir. Les grands moyens sont utilisés : nudité (voilà, l'éternelle !), pornographie, gros décibels, intégration totale de procédés cinématographiques. Cela fait son petit effet car les images sont remarquables et l'écran strié de lamelles en caoutchou, épatant. On suit l'artiste au pays de Sophocle où il entreprend un voyage entre la vie et la mort. Il se rend compte qu'il n'y a pas de choc culturel entre l'un et l'autre puisque nous sommes déjà morts. Il puisera dans la mort le goût de la vie. Cela part un peu dans tous les sens : il se jette dans les vagues (représentation de la crise migratoire), il divague dans des lieux désaffectés (représentation de la crise économique), il se roule dans des sacs plastiques (la crise écologique), etc. C'est un peu lourd et décousu mais le travail effectué pour trouver du sens 1. À la vie et 2. Au spectacle, mérite d'être souligné. Il n'y a plus d'idéal mais des désirs de rien, plus rien n'est grand. Apollon est obèse. Zeus est pauvre. Rien de poétique dans ce qui est donné à voir contrairement à ce qui est à comprendre. 

La petite phrase 

« La poésie est le seul chemin » 


Contre-indication 

- les yeux de votre chien vous font penser à quelqu'un ; 

- le dernier iPhone figure en short-list pour le père Noël. 


Pour étaler la confiture 

Sophocle a écrit plus d'une centaine de pièces mais nous n'en connaissons que sept. Wajdi Mouawad souhaitait adapter ces œuvres au sein d'une seule : "Le Dernier jour de sa vie".