Je m'appelle Erik Satie, comme tout le monde

Mis à jour : 1 déc. 2019


Théâtre de la Contrescarpe - jusqu'au 4 janvier 2020 - de et mis en scène par Laetitia Gonzalbes - avec - Elliot Jenicot et Anaïs Yazit - (c) Fabienne Rappeneau

Synopsis copier-coller

Erik Satie fut un compositeur hors norme. Avant-gardiste virtuose, il composa des musiques aujourd’hui jouées dans le monde entier, telles les célébrissimes Gymnopédies. En homme libre, il fit de sa vie un véritable roman, avec humour et légèreté, et fut l’ami des grands artistes de son époque : Debussy, Cocteau, Picasso, Ravel… « Je m’appelle Erik Satie comme tout le monde » conte la vie de cet homme original, à travers une fiction pleine d’ironie, surprenante, musicale, esthétique… à l’image du compositeur.

Alors ?

Erik Satie n'est certainement pas comme tout le monde. Compositeur des Gymnopédies à l'âge de 22 ans ou encore fondateur de l'Eglise métropolitaine d'art de Jésus-Conducteur - dont il sera le seul fidèle, sa seule vie suffirait pour faire une incroyable histoire ; comme l'illustre l'anecdote de sa seule relation intime avec l'artiste peintre Suzanne Valadon, dont il demandera la main, sans succès, le lendemain de leur première nuit (!). Il lui écrira qu'elle le laisse avec "rien, à part une froide solitude qui remplit la tête avec du vide et le cœur avec de la peine". Celui qui connaît de plus en plus les hommes, et admire de plus en plus les chiens, est ici, dans un hôpital psychiatrique à Honfleur, la ville natale de Monsieur Satie (Elliot Jenicot). Il y fait la connaissance d'Anna, l'infirmière (Anaïs Yazit). Pourquoi diantre avoir voulu y insérer une fiction ? La vie d'Erik Satie est suffisamment romanesque pour éviter qu'une comédie dramatique un peu plate s'y glisse. Toutefois, la mise en scène légère, avec ses illustrations animées (Sulki) en fond de scène et ses moments dansés, offre un bon et sincère moment de théâtre. Là encore, la poésie scénique ne suffit pas à rattraper un texte alambiqué pour pas grand chose. On ne saisit malheureusement pas tout. Certes, il y a certainement une volonté de flouter le réel et la folie pour - patatras ! - dévoiler autre chose qui serait prétendument imprévisible. Cela ne fonctionne malheureusement pas car l'exagération se trouve également dans le jeu de la jolie comédienne qui gagnerait à retenir ses battements de cils intempestifs. En définitive, la réussite de la pièce doit beaucoup au charisme et à la prestance d'Elliot Jenicot.


La petite phrase

"Sans la beauté, comment supporter le réel ?"