Légende d'une vie

Mis à jour : 1 déc. 2019


Lucernaire - jusqu'au 26 août 2018 - de Stefan Zweig - Mis en scène et avec Caroline Rainette et Lennie Coindeaux

Synopsis copier-coller

L’effervescence règne dans la maison des Franck pour la présentation publique de la première œuvre de Friedrich, fils du célèbre poète Karl Amadeus Franck, véritable légende portée aux nues par son épouse et sa biographe Clarissa von Wengen. Écrasé sous le poids de cette figure paternelle, terrifié par le regard sans pitié des bourgeois et intellectuels de la haute société, Friedrich ne supporte plus de devoir suivre les traces de ce père vénéré de tous. C’est alors que la vérité lui est enfin dévoilée : Karl Franck n’a jamais été ce grand homme que le monde connaît. La partie obscure et basse de son être a volontairement été cachée, et Clarissa manipulée pour y parvenir. Le lourd passé de l’écrivain refait surface, anéantissant les non-dits et rétablissant la lumière sur les souvenirs épars d’un fils qui ne demande qu’à aimer à nouveau un père tout simplement humain. Ce que nous savons les uns des autres ce n’est jamais que par l’amour.

Alors ?

La pièce propose une adaptation de la pièce « Légende d’une vie » de Stephan Zweig avec seulement deux personnages. Le fils, vivant avec un « bloc de marbre d’une gloire étrangère » et rêvant d’avoir "les épaules légères", livre une complainte redondante. Dur dur d'être le fils d'un défunt poète ! Dur dur d'être... Caroline Rainette, également adaptatrice et traductrice de la pièce, relève qu'"il [lui] est apparu que certaines longueurs pouvaient en entraver la puissance dramatique". Si l'intention est très bonne, l'action resserrée autour du fils étire malheureusement le pathos de celui-ci. Il sait qu’il ne sera jamais à la hauteur de son père et le martèle à s'en casser les dents. D'autant plus que, après ses ruminations, quelques répétitions malheureuses irritent : « ce n’était qu’une mascarade ! » ou encore « je lui ressemble donc à mon père dans sa petitesse et non dans sa grandeur ! ». Cela ne fait qu'ajouter de la lourdeur à une pièce qui ne décolle pas. Le comédien est pourtant agréable à écouter mais son jeu reste constant et sans évolution. La comédienne livre une prestation très sage et surprenante : lorsque le plan machiavélique pointe son nez, Clarissa est saoule et se bidonne. Il n'y a point de sournoiserie, juste l'impression que c'était une blagounette. Pas très drôle. Certes. On passe d'un registre agaçant de fils-à-papa-ô-combien-malheureux-si-vous-le-saviez à un dénouement qui manque cruellement de mordant. C'était bien la peine que le fils se tue à exposer son mal-être et ses états d'âme. Tout ça pour ça.


La petite phrase

« Les hommes sont attirés par ce qui brille et là où se trouvent les hommes se trouvent les ennuis »


Contre-indication

  • Vous suivez les pas de votre pater familias ;

  • Votre illustre père mérite son piédestal ;

  • Vous avez souffert de votre incapacité à jouer au bilboquet.