La ménagerie de verre

Mis à jour : 1 déc. 2019


Théâtre de Poche-Montparnasse - jusqu'au 31 mars 2019 - de Tennessee Williams - mis en scène par Charlotte Rondelez - avec Cristiana Reali, Ophelia Kolb, Charles Templon et Félix Beaupérin

Synopsis copier-coller

À Saint-Louis, en pleine tourmente des années 1930, on découvre l’équilibre fragile d’une famille dont le père s’est volatilisé. Perdus entre rêves et illusions, l’espoir frappe à leur porte un soir d’été. Premier succès public de Tennessee Williams, La Ménagerie de verre – en partie autobiographique – est la plus émouvante de ses pièces.

Alors ?

Dans la maison de la famille Wingfield, le frère, Tom, reçoit les spectateurs dans un salon chaleureux aux teintes orange rose violet. Tel un narrateur, il raconte avec distance l'histoire haute en couleur de son cercle familial. Le père est absent, il semblerait qu’il soit le seul à avoir réussi à s’extraire de sa condition sociale. Le fils déteste son job et fuit le foyer malgré l'amour qu'il porte à sa sœur, Laura. Elle souffre peut-être d’une forme de timidité et se retranche dans sa ménagerie de verre. On se refuse à dire qu’elle est infirme. Sa mère vit avec ses souvenirs et ses espoirs perdus d'une vie meilleure. Elle n'a qu'une obsession : que Laura ne finisse pas vieille fille. Elle ressasse son passé de femme convoitée et brasse de l'air pour trouver un galant à sa fille. Un collègue de son frère se présente un soir pour dîner, les cheveux très gominés et le sourire bright. C'est le personnage le plus réaliste de la pièce, nous prévient Tom. Son arrivée signe surtout la montée en tension de la pièce : est-il possible que les jeunes tombent réciproquement amoureux ? L'arrivée du galant dédramatise la situation de Laura : "il n'y a pas de honte à être différent car les autres ne sont pas si merveilleux". Les dialogues sont savoureux où l'une craint marcher sur les pieds de l'autre en dansant la valse : "je ne suis pas en verre" lui répondra-t-il. C’est une pièce qui ne laisse pas indemne. Interprétée par la très belle Cristiana Reali, la mère m'a semblé mettre l'accent sur le caractère dramatique de la situation sans faire suffisamment ressortir le côté décalé du personnage. Le rôle relativement effacé de la fille, Laura, est joué avec pudeur par Ophelia Kolb. Les hommes, le frère (Charles Templon) et le prétendant (Félix Beaupérin), apportent un peu de fraîcheur par leur jeu dynamique. La belle mise en scène tranche avec ce qu’offrent les comédiens sur scène : la disgrâce de chacun.


La petite phrase

"Être déçu est une chose, être découragé en est une autre"


Contre-indication

  • Vous n'avez aucune empathie pour ceux qui ont un complexe d'infériorité ;

  • Les licornes n'existent pas.