La Magie lente


de Denis Lachaud - mise en scène de Pierre Notte - avec Benoit Giros - vu au Théâtre Paris-Villette, le 24 novembre 2019

Synopsis copier-coller

Diagnostiqué schizophrène il y a dix ans, Monsieur Louvier, en proie à des hallucinations, décide de consulter un nouveau psychiatre. Et s’il fallait chercher ailleurs ? Au fur et à mesure du récit de son enfance, de sa vie, une libération se dessine… Formidable défi d’écriture, de mise en scène et de jeu, La Magie lente est aussi un défi adressé aux spectateurs. Celui de partager le récit d’une existence. Seul en scène, Benoit Giros livre une performance d’une rare intensité.

Alors ?

Benoit Giros, le comédien, fait quasiment office d'ouvreur de salle. Il accueille les spectateurs, tout sourire. Ils sont invités à prendre place au sein d'un rassemblement de psychiatres. Le docteur Kemener anime la séance. Il expose d'emblée l'erreur de diagnostic faite au sujet de Monsieur Louvier qui, en proie aux dépressions et aux moments d'hallucination, a été catalogué précocement comme schizophrène. À déconstruire son histoire et les traitements - forcément inefficaces - Monsieur Louvier va réapprendre à s'approprier son identité. Le terrain est glissant ; le langage est vif, cru et violent. Le patient est mis à nu. Légitiment, une gêne s'installe dans la salle. Chacun tente de comprendre, avec lui, ce qu'il a pu subir, ce qu'il a pu en tirer comme conséquence. Cette intrusion pousse à sortir du cadre. Le poids des mots est mis à l'honneur et les non-dits volent en éclats. Une belle leçon.


La petite phrase

"On ne peut pas déconstruire une identité en quelques semaines"