La Nuit des rois ou Tout ce que vous voulez

Mis à jour : 1 déc. 2019


Comédie-Française - jusqu'au 28 février 2019 - de William Shakespeare - mis en scène par Thomas Ostermeier - avec Denis Podalydès, Laurent Stocker, Stéphane Varupenne, Adeline d'Hermy, Georgia Scalliet, Sébastien Pouderoux, Noam Morgensztern, Anna Cervinka, Christophe Montenez, Julien Frison et Yoann Gasiorowski

Synopsis copier-coller

Cette comédie des apparences conte l’histoire de Viola, rescapée d’un naufrage – comme son jumeau Sébastien dont elle n’ a pas de nouvelles – qui se travestit, prend le nom de Césario et offre ses services au duc Orsino. Charmé, ce dernier en fait son page et le charge de transmettre son amour à la Comtesse Olivia. Mais Césario/Viola, secrètement séduit(e) par le Duc, excelle si bien dans sa mission que la Comtesse s’éprend de son ardeur. Parallèlement, un quatuor, aux manœuvres éminemment comiques, révèle la face violente de la mascarade amoureuse tandis qu’un bouffon brille avec insolence dans la subversion du langage.

Alors ?

Une pièce royale jouée au palais du Français ! Oustiti ! Ouste les qu'en dira-t-on du patrimoine et de l'institution, Thomas Ostermeier prouve que les comédiens de la maison Molière ne sont pas des chiffes molles. Vraiment, je mets ma tête à couper. Pointus les tétons, jaunes sont les bas, homosexuels les penchants, Podalydès en pantoufles (euh ?), la température monte de quelques crans à la salle Richelieu. La pièce Shakespearienne mêle le travestissement ("le déguisement, c'est le mal, c'est si démoniaque !"), les histoires d'amour ("si je te poursuis, cela ne te dispense pas de me poursuivre") et la folie ("je suis un homme qui a un esprit étrange"). Et il en fallait de la folie pour monter un tel spectacle. Je mets deux fois ma tête à couper. Entre les doux airs d'opéra flirtant avec l'état de grâce et le concert de rap surréaliste : wahou ! quel mélange des genres ! En tout point ! Adeline d'Hermy revêtue d'une guépière noire digne d'une veuve éplorée, Stéphane Varupenne en collant rouge et trombone sous le coude, Christophe Montenez en gros nigaud, Georgia Scalliet tiraillée, Laurent Stocker en boit-sans-soif, Noam Morgensztern et son regard indescriptible, Sébastien Pouderoux absolument mythique... sans oublier évidemment Anna Cervinka (que j'adore), Julien Frison et Yoann Gasiorowski. La troupe est en très grande forme. 


La petite phrase

"J'ai peur que notre monde ne soit qu'une baudruche qui se donne de grands airs"


Prérequis

Une pièce de Shakespeare ne veut pas dire que ça sera plan-plan. Ça peut aussi être panpan cucul.


Contre-indication

  • Votre vieil oncle ne se lasse pas de dire "Santé ! Sentez, mais pas des pieds !"

  • Vous cachez quelque chose sous votre robe pastorale.