Le Quatrième mur

Mis à jour : 26 nov. 2019


Théâtre Paris-Villette - jusqu'au 26 mai 2018 - d'après Sorj Chalandon - adaptation et mis en scène par Julien Bouffier

Synopsis copier-coller

« Tu vas monter Antigone… Tes personnages t’attendent, ils sont prêts ». Sur son lit d’hôpital, Samuel, metteur en scène grec et juif, exilé à Paris, demande à son amie de poursuivre sa mise en scène de la pièce d’Anouilh, à Beyrouth, avec des comédiens de toutes les confessions en conflit. Dans cette mise en scène qui met en fusion le cinéma, la musique et le théâtre, un double écran enveloppe les comédiennes, créant un dialogue hallucinant entre passé et présent, acteur filmé et acteur au plateau, musique lancinante et images fascinantes… jusqu’à l’effondrement final.

Alors ?

Monter Antigone à Beyrouth, l'enjeu est tel ! L'idée suffisamment grande qu'elle se suffirait à elle-même. Ce n'est certainement pas le parti pris, ici. Le dispositif impressionne et vaudrait presque le détour mais la profusion de supports nuit gravement à la compréhension du spectacle. La musique engouffre le texte, les comédiens sont pris en sandwich entre deux films. À la rigueur la vidéo, par parcimonie (par pitié) peut être utile pour montrer le travail de la pièce. Mais résultat : 1 minute d'ébahissement pour 1h15 de chaos où l'on tente de discerner / d'entendre les dialogues. On ne ressent rien. Quel dommage. La forme l'emporte sur le fond alors que le fond est ici essentiel et poignant. Dans ce fatras dramatique, il faut reconnaître la qualité de la prestation de Vanessa Liautey qui féminise le courage. D'ailleurs, le clou du spectacle, sans musique, sans vidéo, uniquement dans les débris scéniques, est de loin le plus réussi : l'insouciance n'y est plus et on y reste suspendu. Quel dommage de devoir passer par quelque chose d'aussi indigeste !


La petite phrase

"C'est ça ton drame, une boule de chocolat ?"