Les derniers jours


de et mis en scène par Jean-Michel Rabeux - avec Olav Benestvedt, Claude Degliame, Yann Métivier, Georges Edmont et Juliette Flipo - vu le 26 février 2020 au Théâtre du Rond-Point - (c) Simon Gosselin

Synopsis copier-coller

Il faut au moins ça : organiser une sorte de cabaret plus ou moins raté avec majordome très barré, plumes et plumeaux, et chanteuse debout sur la table, pour rire de la fin de Lear, grand amour, grand ami, mort fou. Mais en cet étrange divertissement le défunt danse avec les autres. L’humour ne conjure pas le sort, il le provoque. La poésie crue met à distance la tragédie de l’inévitable et la décrépitude qui va avec.

Alors ?

Une famille restreinte se réunit autour d'un agonisant (Olav Benestvedt). Il y a sa femme (Claude Degliame), son ami (Yann Métivier), le majordome (Georges Edmont) et la pleureuse (Juliette Flipo). Le Roi Lear se meurt. Jusqu'au bout, Pénélope lui est fidèle. Pylade soutient son ami, celui qui, atteint d'une maladie incurable, sombre dans la folie. Tout est vrai. Le faux ne vient qu'appuyer le vrai. Le vécu, le réel, le passé, tout cela mélangé afin que la mort revienne dans la lumière, sur scène. Revivre cet accompagnement, cette fin de vie, montre bien que nous sommes si peu de choses. Dans l'attente du dernier souffle, comment survivre auprès de celui qui se consume et ne ressemble plus à celui qu'il était ? Lourd est le sujet, pesante pourrait être l'atmosphère. Et pourtant, la pièce peut se vivre très différemment car avec distance et orchestration, le pathos est balayé d'un coup de plumeau. Le texte oscille entre les moments crus et les interludes. Le mourant observe et assiste à sa déchéance. Il danse avec son entourage. Il célèbre son départ et sa décrépitude. C'est en commençant par la fin, la mort, que nous concluons par le meilleur : la vie.