Luchini, des écrivains parlent d'argent

Mis à jour : 1 déc. 2019


Théâtre des Bouffes Parisiens - jusqu'au 15 novembre 2018 - puis au théâtre de la Porte Saint-Martin du 25 février au 19 mars 2019 - de et avec Fabrice Luchini - mis en scène par Emmanuelle Garassino

Synopsis copier-coller

Là aussi, encore une fois, la puissance hallucinante de la langue française, sa richesse éblouissante. La joie de dire du Charles Péguy, de poursuivre avec Sacha Guitry, Emile Zola, Marcel Pagnol, Jean Cau, etc. Tout cela dans un exercice précis, la lecture rigoureuse, sans obligation de spectaculaire, sur un sujet très investi, qui raisonne en chacun de nous, et que les écrivains éclairent avec leur intuition stylistique.

Alors ?

À 18h30, le 30 octobre 2018, au théâtre des Bouffes Parisiens, le moins que l'on puisse dire est que Fabrice Luchini était en très grande forme. Deux heures de spectacle avec certaines scènes improvisées, Fabrice Luchini a regardé plusieurs fois sa montre, s'excusant d'être en retard dans son "programme", à savoir, son spectacle. Il laisse libre court à sa folie débordante car, dit-il, il a le privilège d'avoir ce soir un public haut de gamme. Il est vrai que le public était réceptif, donnant un coup la réplique à Luchini ou riant de plus belle pour en redemander. Les spectateurs sont archi-conquis, l'applaudissant dès sa modeste entrée en scène avec son sac en bandoulière et sa veste en cuir noir. Il y déverse ses bouquins sur une table. Il chausse ses lunettes et sur un ton professoral, il lit des textes pour ensuite débiter à vive allure ceux-ci. C'est lui le débiteur ! Le spectacle balaie plusieurs auteurs avec des extraits plus ou moins pertinents. Impossible de ressortir avec une vue d'ensemble mais seulement des bribes luchiniennes de haute volée. Son amour des mots, de la langue française, son admiration pour Péguy, Céline, Lafontaine, Cioran ... dégouline et nous élève. Si ce n'était pas lui, seul sur scène, je pense que je n'aurais pas aimé le spectacle. La facilité à utiliser les codes du "one man show" me braque, surtout quand c'est une personne aussi géniale et grande que Fabrice Luchini qui s'abaisse à parler de télé-réalité, à prendre l'accent d'une racaille avec les trois mots qui vont avec. Le côté décalé m'a gâché mon plaisir sur le moment. Disons-le : ça "nique" le spectacle. Heureusement, ce n'est pas ce que l'on retient le plus - même si j'ai dégainé en premier "alors ?" demandé : "génial mais inégal". 


La petite phrase

"François Hollande est venu trois fois voir ce spectacle"


Prérequis

Vous êtes au fait de la corporésie.


Contre-indications

  • Vous êtes gynécologue à Nice

  • Vous travaillez à la Société générale