Macbeth


L'étoile du Nord - jusqu'au 30 novembre 2019 - de William Shakespeare - mis en scène par Julien Kosellek - avec Laura Clauzel, Ayana Fuentes Uno, Viktoria Kozlova, Sophie Mourousi et Tatiana Spivakova

Synopsis copier-coller

Cinq actrices s’emparent de Macbeth pour raconter et jouer une des rares pièces du répertoire du théâtre mondial qui n’a pas besoin de résumé. Une distribution jeune, cosmopolite et féminine interroge cet univers patriarcal et vieillissant, excessivement masculin. Un chœur de femmes qui chantent et jouent de la musique, changent le décor, changent de costume. Elles sont tout à la fois les narratrices, les différents rôles et le paysage sonore dans lequel elles jouent. Macbeth est de l’étoffe dont sont faits les cauchemars : située à la limite entre rêve et réalité, la pièce interroge notre rapport au destin, au fantasme, au pouvoir. Elle donne à voir la fuite en avant d’un roi régicide qui, pactisant avec le diable, se désolidarise du monde social.

Alors ?

Macbeth, remixé par cinq femmes, offre un spectacle bruyant. Déjà parce qu’il interpelle : interpréter une œuvre de Shakespeare en la vantant avec une « distribution jeune, cosmopolite, féminine » ; Macbeth sera donc une femme. Tonitruant, parce que les comédiennes chantent plusieurs registres et se les approprient pleinement. Assourdissant, notamment parce qu’il reprend les techniques bien rodées - dont on ne dira jamais suffisamment qu’un spectateur-habitué se lasse - j’ai nommé, le micro et la peinture rouge. On passera sur les habits unisexes pour ensuite endosser des tailleurs représentant le pouvoir contemporain. Ces codes restent plutôt efficaces. Surtout qu’il s’agit ici d’un théâtre qui fait beaucoup de bruit pour... bien des choses ! Maîtrise du rythme, synchronisation travaillée, les bottines frappent en même temps le sol et les baguettes de batterie tournoient, tandis que les lunettes de soleil reluisent derrière le piano. Sans détour, les cinq voix envoient du lourd. Elles racontent, elles mettent en poésie, elles jouent. Tour à tour comédienne et musicienne, elles méritent chacune d’être citée : Viktoria Kozlova, Laura Clauzel, Ayana Fuentes Uno, Sophie Mourousi et Tatiana Spivakova. Je me sens bien obligée de mentionner ce particulier moment de grâce lorsqu’elles interprètent leur propre version de « You want it darker » de Leonard Cohen. I wasn’t ready, my lord.