Mademoiselle Molière

Mis à jour : 1 déc. 2019


Lucernaire - jusqu'au 4 novembre 2018 - de Gérard Savoisien - mis en scène par Arnaud Denis - avec Anne Bouvier et Christophe de Mareuil

Synopsis copier-coller

Quoi de plus hasardeux que la rencontre de Jean-Baptiste Poquelin et de Madeleine Béjart ? Pourtant leur union va durer vingt ans, soudée par leur passion commune : le théâtre. En 1661, avec le succès des Précieuses Ridicules, Poquelin devient Molière. La même année, il décide d’épouser la fille de Madeleine, Armande, de vingt ans sa cadette. Mariage d’amour ou mariage d’intérêt ? Comment Molière l’apprend-il à sa compagne ? Comment réagit-elle ? Au XVIIe siècle, l’événement est considérable. Dès lors, la moquerie scelle son avenir. Ce couple (avec Anne Bouvier, Molière de la comédienne dans un second rôle) devenu classique et si moderne en son temps, où le génie et le talent se sont mêlés, est à jamais dans la mémoire du théâtre.

Alors ? 

Madeleine Béjart, comédienne, gestionnaire de théâtre, coach de Molière et conjointe de celui-ci apprend qu'il est épris de sa fille au point de vouloir l'épouser. De la complicité du couple tant sur le plan personnel que professionnel, au questionnement sur les ébats moins fougueux, l'épouse se résilie à constater que sa fille lui vole son mari, ou l'inverse. C'est une pièce plus complexe qu'elle pourrait en avoir l'air : quelle est la raison d'être d'un couple et quelle est la raison de chacun à vivre en couple avec l'autre ? Grâce au talents des comédiens, Anne Bouvier et Christophe de Mareuil, le spectateur entre aisément en compassion pour ce duo qui se déchire, même pour le plus cruel d'entre eux. Ce couple d'envergure est curieusement doté de notre pauvre langage contemporain. Pourtant, le texte, parfois trivial, devient percutant, actuel et tristement banal : une femme qui s'est donnée pour son homme et qui est remerciée pour une autre ayant des "seins plus fermes, un ventre plus plat et des fesses plus hautes" (!). On doute que Madeleine et Molière parlassent ainsi. Peut-être heureusement, la mise en scène rappelle que nous ne sommes pas en 2018. Les différents décors sont réalistes, efficaces et très plaisants : quelle ingéniosité d'avoir reproduit la perspective d'une salle à l'italienne éclairée de bougies. Entre la scène et les coulisses, Madeleine connaît mieux Jean-Baptiste que Molière ne le connaît : "quant tu regrettes de faire du théâtre, c'est que dans ta tête ça brinquebale". "Tu n'as rien d'un tragédien" remarquait-elle : pourtant, il s'agissait bien là d'un drame, malgré elle. 


La petite phrase

"Le paraître est un vice à la mode et tous les vices à la mode passent pour une vertu" 


Contre-indication

Pour vous :

  • Molière ne peut pas faire mouche ; 

  • Il est impensable qu'un cheval s'améliore en changeant d'écurie.