Pavillon noir

Mis à jour : 1 déc. 2019


Centquatre Paris - jusqu'au 19 janvier 2019 - un projet du Collectif OS’O écrit par le Collectif Traverse - auteurs : Adrien Cornaggia, Riad Gahmi, Kevin Keiss, Julie Ménard, Pauline Peyrade, Pauline Ribat et Yann Verburgh - acteurs : Jérémy Barbier d’Hiver et Logan De Carvalho (en alternance), Moustafa Benaïbout, Roxane Brumachon, Bess Davies, Mathieu Ehrhard, Marion Lambert et Tom Linton - (c) Frédéric Desmesure

Synopsis copier-coller

Allons-nous laisser l’utopie Internet de démocratisation des savoirs et d’émancipation se transformer en l’outil le plus sophistiqué de surveillance de masse ? Telle est la question, hautement politique, que les collectifs O’SO et Traverse ont décidé de porter à la scène dans Pavillon Noir. Faisant le pari de n’utiliser aucune nouvelle technologie, ils redoublent d’inventivité scénique pour raconter, dans une épopée tout en nuances, les histoires emmêlées de légendes du deep web.

Alors ?

Geek et théâtre, pirate et politique, des termes antinomiques ? Absolument pas pour Pavillon noir. Hissez haut les drapeaux ! Retirez le micro de votre téléphone ! Plongez dans le deep web ! Inquiétez-vous d'être constamment épiés ! Faites la connaissance de celles et ceux qui ont / œuvrent toujours pour qu'Internet soit un monde libre. Leurs histoires, inspirées de faits réels, sont racontées de façon anarchique. Les séquences s'enchaînent pour conter les luttes de chacun : la préservation de Palmyre, l'écologie, la vente en ligne de la drogue ou encore l'accès aux connaissances et savoirs. Ce méli-mélo très vaste est entrecoupé de tutos youtube et d'informations "priorité au direct". On passe de là à ça, de ça à ici : on surfe dans le spectacle comme on se balade sur les onglets d'un ordinateur. Le registre est tantôt réaliste - voire trop dans son langage contemporain (ndlr 1 : "t'es conne ou quoi ?" ; ndlr 2 : est-il encore possible en 2019 d´évoquer Nabilla ?) - tantôt complètement barré et génial. Le virtuel devient visuel. La sphère de l'informatique fait rire et se présente de manière ludique. Les nouvelles technologies sont les propos et non le support. C'est remarquablement cohérent et intelligent. Ce qui bug dans le spectacle, c'est qu'il revêt un aspect "prêt-à-penser" manichéen un peu forcé. C'est peut-être la contrepartie d'un théâtre militant et exigeant mais il ne peut séduire qu'un public déjà sensibilisé à ces enjeux. L'idéal défendu, celui de la construction d'une utopie ultra libérale sur le net où les connaissances circulent sans entrave, où les biens communs restent sur la place publique et où le nerd aurait sa pleine souveraineté.

La petite phrase

"Ne rien nous cacher, c'est n'avoir rien à craindre"

Contre-indication

  • Vous avez écrit la loi sur le renseignement ;

  • Vous êtes une méta-donnée.


Pour étaler la confiture

Le collectif Traverse a écrit la pièce en prenant en compte deux contraintes : prendre les décisions collectivement et exclure les technologies dans la mise en scène.