Révélation Red in blue trilogie

Mis à jour : 1 déc. 2019


Théâtre de la Colline - jusqu'au 20 octobre 2018 - de Léonora Miano - script et mis en scène par Satoshi Miyagi - avec Haruyo Suzuki, Micari, Kazunori Abe, Maki Honda, Ayako Terauchi, Moemi Ishii, Miyuki Yamamoto , Kouichi Ohtaka, Kenji Nagai, Ryo Yoshimi, Hisashi Yokoyama, Miki Takii, Soichiro Yoshiue, Yukio Kato, Yudai Makiyama, Yuya Daidomumon - crédit photo : Simon Gosselin

Synopsis copier-coller

Inyi, figure de la divinité créatrice de l’Univers, doit faire face à une situation inédite : une grève. Les nouveau-nés refusent d’avoir une âme incarnée en leur corps, ce qui est contraire aux lois de l’Univers, tant que les Ombres des âmes damnées n’auront pas rendu compte de leurs méfaits. L’espace mythologique de Révélation qu’explore Léonora Miano n’écrit jamais son nom, mais la multiplicité de notre monde. De la même façon, elle reste dans le domaine de la fiction, car elle la sait plus forte que la dénonciation. Mais, pour autant, elle ne triche pas avec son sujet, en confrontant un continent à la réalité des crimes qui y ont été perpétrés.

Alors ?

Adaptée de la première partie du roman « Red in Blue trilogie », le metteur en scène Satoshi Miyagi propose une version japonisante de la traite négrière (l’auteur Léonora Miano préfère parler de « déportation transatlantique »). Dans le monde des âmes, où Inyi gouverne, Mayibuye représente les âmes à naître. Cette figure refuse d’intégrer le corps des nouveaux-nés en attendant la révélation des réprouvés. "Nous refusons d'intégrer les humains si c'est pour gâcher les potentialités que nous avons". En d’autres termes, elle décide de faire une « grève » tant que le « pourquoi du comment » des crimes n’a pas été explicité. Le temps fort de la pièce est l’audience présidée par la divinité Inyi où chacun exprime son souhait de sortir de l’ombre malgré les horreurs commises. La mise en scène est digne d’un opéra. Avant l'extinction des lumières, les musiciens entrent en scène. La musique d’Iroko Tanakawa est prégnante et les comédiens se déplacent selon une chorégraphie très précise, souvent en rang. La lune est en suspension, tout comme le spectateur. Les costumes sont originaux, dignes des défilés de mode où l’on apprécie de les voir tout en sachant pertinemment que jamais on ne portera ça dans la rue. Le spectacle est esthétique et cadré. Il s'adresse à un public plutôt averti sur le sujet et qui accorde beaucoup d'importance au visuel. Pour ceux qui ne parviennent pas à lire les sous-titres et à rester dans le spectacle, la beauté de celui-ci suffit à l’apprécier.


La petite phrase

"Ce n'est pas nous qui avons créé le monde pour y loger le mal"


Contre-indication

  • Vous n'avez aucune part d'ombre

  • Vous n'aimez ni les boules de sapin dorées ni rideau de perles en bois ni les confettis roses