Savannah Bay

Mis à jour : 1 déc. 2019


Lucernaire - jusqu'au 24 mars 2019 - de Marguerite Duras - mis en scène par Christophe Thiry - avec Michèle Simonnet, Anne Frèches et Renan Richard-Kobel - (c) Pascal Gély

Synopsis copier-coller

Dans cette œuvre nous sommes spectateurs du mystère qui entoure les souvenirs, la vieillesse, l’amour et la disparition. Une jeune femme aide sa grand-mère, grande artiste de théâtre dont la mémoire vacille, à se souvenir des belles choses de sa vie et du drame aussi qui les relie à jamais. Le ressac des mots, proche de celui de la mer (le personnage principal de la pièce), raconte la lutte contre l’amnésie, la souffrance de l’absence, la brûlure de l’amour. Le texte ciselé, étincelant, musical, livre une poésie de la clarté, de la simplicité, du goût essentiel des choses de la vie. Une force active aussi nécessaire que l’amour.

Alors ?

« C’est fou ce que je peux t’aimer, ce que je peux t’aimer, des fois, des fois je voudrais crier ». Les paroles de la chanson Les mots d’amour résonnent plusieurs fois, la môme Piaf survolant la scène. Son manège à elle, cette jeune femme (Anne Frèches), c’est de faire raconter à sa grand-mère, Madeleine (Michèle Simonnet), l’éternelle histoire de sa mère, disparue en mer après avoir accouché de sa fille. Elle vient tous les jours la voir, jouer aux cartes et prendre le thé et surtout pour ressasser le même récit, qui – à cause de la maladie – s’enlise. Elle lui déclare plusieurs fois toute son affectation. Un homme (Renan Richard-Kobel), vêtu d’un pull jaune et d’une salopette tel un docker, est silencieux. Il observe, regarde, peut-être même compati. Il joue de la musique avec divers instruments et amplifie ainsi le caractère tragique de la pièce. Malgré ça, le spectacle ne vacille pas, les échanges sont comme suspendus, les costumes très colorés et un halo poétique se dégage de la lumière. Cette pièce est aussi séduisante que les multiples déclarations d’amour délivrées. Les comédiennes ont la faculté de nous emmener très loin, sur la plage, assis sur la chaleur d’une pierre blanche. On tend l’oreille et on encourage – nous aussi - Madeleine à se rappeler, à accoucher de ses souvenirs. La mise en scène est très sobre : une lampe dénuée d’abat-jour posée au sol et quelques tabourets sur le côté pour poser les instruments de musique. Elle laisse le spectateur se délecter dans les images produites par les mots de Marguerite Duras.

La petite phrase

"Qui est mort, ce jour gris ?"