Une histoire d'amour


de et mis en scène par Alexis Michalik - avec Pauline Bression, Juliette Delacroix, Alexis Michalik, Marie-Camille Soyer, et en alternance, Lior Chabbat, Violette Guillon et Amélia Lacquemant - vu le 14 janvier 2020 à La Scala

Synopsis copier-coller

Katia et Justine tombent amoureuses, un amour de conte de fée. Justine veut un enfant. Katia, trop souvent blessée par la vie, finit par accepter qu’elles tentent toutes les deux une insémination artificielle. Katia tombe enceinte, mais quelques jours avant la naissance de leur enfant, Justine disparaît… Douze ans plus tard, Katia va mourir. Elle va devoir trouver un tuteur pour sa fille, Jeanne. Sa seule option : son frère, William, écrivain cynique, qu’elle n’a pas vu depuis 5 ans.

Alors ?

Ce n'est "que" la 5ème pièce d'Alexis Michalik, et pourtant, même les non-théâtreux sont susceptibles de connaître son nom. Entre Edmond, Le porteur d'Histoire, Le cercle des illusionnistes ou encore Intra Muros, il est difficile d'échapper aux affiches ou au bouche-à-oreille qui recommandent l'un de ces spectacles. Je les ai tous vus, les ai tous aimés, sauf un : Intra Muros. Dans une interview accordée au magazine Théâtral, le metteur en scène reconnaît qu'Une histoire d'amour "sera un peu dans la même veine qu'Intra Muros, qui joue aussi sur l'émotion". Mais l'idée de voir une pièce linéaire de Michalik qui ne se repose pas sur ses histoires à tiroirs m'a poussée à refouler mes a priori. Mes préjugés ont refait surface lorsqu’à la lecture du programme, je lis une des citations "- s'il est bête ? s'il vote à droite ?

- avec deux mamans ? Il votera pas à droite"

Et pourtant... Et pourtant ! Mes craintes se sont dissipées au cours du spectacle. Une histoire d'amour est avant tout l'histoire d'une vie, remplie de petits bonheurs et - surtout - de grands malheurs. En écrivant ça, il est évident... que c'est une évidence ! Mais Alexis Michalik parvient à montrer sur scène une réalité dans toutes ses fragilités, une vie qui bascule en raison d'un événement (une décision, un accident ou encore une maladie). Certes, les ficelles sont grosses et le triptyque dramatique est là (rupture, deuil, enfance malheureuse) mais chacune des situations a son lot de pouvoir comique et nous pouvons en rire que grâce au jeu impeccable des comédiens. La fluidité de la mise en scène et l'enchaînement - moins rapide mais toujours rythmé - des scènes rappelle qui est le maestro.


La petite phrase

"Il ne peut rien nous arriver"