Verte

Mis à jour : 1 déc. 2019


Théâtre Paris-Villette - jusqu'au 22 février 2019 - production de l'Espace des Arts, scène nationale Chalon-sur-Saône - d’après Marie Desplechin - mis en scène par Léna Bréban - avec Rachel Arditi, Céline Carrère, Pierre Lefebvre et Julie Pilod - (c) Julien Piffaut

Synopsis copier-coller

Verte a 11 ans et conçoit davantage d’inclination pour son camarade Soufi que pour la sorcellerie, la vocation familiale. Voilà qui agace sérieusement sa mère qui l’envoie chaque mercredi chez sa grand-mère, chargée de lui transmettre les rudiments du métier. Bourré d’humour et traversé d’observations fines sur la pré-adolescence, ce roman de Marie Desplechin, presque un classique de la littérature jeunesse, pointe des questions fondamentales : qu’est-ce que devenir adulte ? Quel héritage nos parents nous lèguent-ils ? Mais aussi, comment se construire malgré son histoire familiale ?

Alors ?

"Attention les mioches, ça va chauffer dans la marmite !" prévient la grand-mère, Anastabotte (Julie Pilod), tandis que la mère, Ursule (Céline Carrère), explique quelle est l’espèce qui n’a jamais le droit de se plaindre. Au bûcher la banalité de cette famille ! Celle-ci se compose de sorcières, malgré elles. Moderne et dépoussiérée, la figure de sorcière n’a pas de balai pour voler mais sait transformer les enfants en steack haché (fort utile) ou préparer des mets douteux dans des marmites. Recluse dans sa chambre, la petite fille, Verte (Rachel Arditi), n'a que faire de tous ces tours. Elle préfère le tourne-disque pour battre ses cils devant Soufi (Pierre Lefebvre). Au grand malheur de sa mère, sa fille revendique sa normalité et son intérêt pour un breton méditerranéen footeux. C’est le seul homme présent, le père étant aux abonnés absents sans raison apparente. Déprimée par ce trait de caractère et la négation de soi, la mère s’en remet à la sienne pour qu’elle apprenne à Verte les rudiments de la sorcellerie. Comment cette enfant peut-elle s’affranchir de sa destinée ? Comment transmettre un héritage social ? L’adaptation de l’œuvre de Marie Desplechin offre de belles questions philosophiques abracadabrantesques. Pour enfants et pour adultes ! J’y suis allée sans alibi (sans môme) et je n’ai vraiment pas boudé mon plaisir : quelle chance pour les mioches de voir un spectacle si bien ficelé ! La mise en scène ébouriffante utilise la magie pour passer de l’appartement mère-fille à celui de la grand-mère, plus feuillu et terreux. Poétique, la musique et la danse offrent un spectacle jeunesse très complet.

La petite phrase

"Elle est si cul-cul que je me demande si c'est ma fille"

Contre-indication

  • Vos parents auraient préféré un garçon

  • Votre enfant est capable de chanter et danser sur Gangnam style pendant 3 jours